Long format : Afroxification — les essais nucléaires français en Algérie 🇩🇿☢️🇫🇷 (5/5)
- afrikamwa
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Entre 1960 et 1966, la France a fait exploser 17 bombes nucléaires dans le Sahara algérien — quatre dans l'atmosphère, treize sous terre. Ce chiffre banal dissimule pourtant une histoire de domination coloniale, de secret d'État et de contamination radioactive qui se prolonge aujourd'hui encore, sur un territoire devenu indépendant entre-temps. En Algérie, cette histoire porte plusieurs noms : Gerboise bleue, Béryl, In Ekker. Et elle touche, encore aujourd'hui, des dizaines de milliers de personnes dont l'État français refuse, pour l'essentiel, de reconnaître la contamination.

Une colonie choisie pour cacher la bombe
Le programme nucléaire militaire français naît au sortir de la Seconde Guerre mondiale. Le Commissariat à l'énergie atomique (CEA) est créé dès 1945 à l'initiative du général de Gaulle, qui reste marqué par les défaites françaises de 1870, 1914 et 1940 et voit dans l'arme atomique l'instrument d'un rang retrouvé sur la scène internationale. Le développement effectif de la bombe est porté à partir de 1954 par des figures comme Pierre Guillaumat, alors administrateur général du CEA, qui obtiennent du président du Conseil Pierre Mendès France l'autorisation de poursuivre les recherches militaires sous couvert d'un programme civil. Reste à trouver un site d'essai. Dès 1945, l'État français cherche à lancer un programme nucléaire militaire et à tester les engins qui doivent constituer son arsenal ; l'armée explore alors plusieurs de ses colonies avant d'arrêter son choix sur l'Algérie, selon l'analyse de Jean-Marie Collin, porte-parole de la Campagne internationale pour abolir les armes nucléaires (ICAN France).
Le nord du pays, densément peuplé et urbanisé, est écarté au profit du grand Sud saharien, dont le sable présente en outre l'avantage de ne conserver que peu de traces visibles. Le choix se porte, dès 1957, sur le centre du Sahara algérien, alors territoire français en pleine guerre de décolonisation. Un champ de tir est construit à Reggane, à environ 700 kilomètres au sud de Colomb-Béchar, au lieu-dit Hamoudia. Le Commandement interarmées des armes spéciales choisit ce site lorsqu'il devient nécessaire de procéder à des expérimentations en vraie grandeur. Rien de fortuit dans ce choix, ni d'ailleurs de désert véritablement vide. Le directeur de l'Observatoire des armements, Patrice Bouveret, rappelle que l'image d'un Sahara inhabité relève largement du récit officiel : la région comptait à l'époque d'importants villages, dont les habitants furent traités comme quantité négligeable par la classe dirigeante française. Le général de Gaulle nourrit par ailleurs l'espoir de détacher administrativement le Sahara du reste de l'Algérie afin d'en conserver l'usage comme terrain d'expérimentation permanent, un projet politique qui échouera avec l'indépendance mais qui éclaire la logique du choix initial : ce n'est pas le vide qui motive la sélection du site, c'est la possibilité d'ignorer une population jugée sans poids politique.
" Avec l’accession du général de Gaulle au pouvoir en 1958 sur le motif de la « guerre totale en Algérie », la V° République dès sa naissance entérine la place et le pouvoir des « nucléocrates » et réalise leur fusion avec l’appareil d’État lui-même, ce qui provoque la création d’une sorte de structure interne à l’État spécifiquement consacrée au programme nucléaire et fonctionnant selon des règles particulières. (...) Cette « préparation nécessaire » fut la justification du programme d’expérimentations qui commença au Sahara en 1960 et se poursuivit dans le Pacifique Sud jusqu’en 1974 pour les tirs atmosphériques. (...) Autrement dit, à la veille de sa première expérimentation nucléaire militaire, la France, c’est-à-dire les dirigeants du programme CEA-DAM voulu par le général de Gaulle, connaissait avec une précision plus que relative les effets des armes nucléaires, comme nous le verrons et cela dès 1953. Ne leur restait alors plus qu’à vérifier les résultats des autres sur le terrain, dans le cadre d’un programme d’expérimentations atomiques « made in France », méthodique et scrupuleux, que les Américains, les Britanniques et les Soviétiques ne manquèrent pas d’espionner..." Desbordes, J.-P. (2011). Les cobayes de l’Apocalypse nucléaire : Contre-enquête inédite sur les victimes des essais français. L’Express éditions. Pp 40-45
C'est le président du Conseil Félix Gaillard qui fixe, début 1958, l'échéance du premier tir à 1960. Il ne verra pas l'essai : c'est sous la présidence de Charles de Gaulle, revenu au pouvoir entre-temps, que la bombe explosera finalement. Le repérage du site est confié dès janvier 1957 au général Charles Irraut, qui dirige une première mission d'exploration dans le Sahara algérien. Sur son rapport, la zone retenue est celle de Tanezrouft, dans le Sud-Ouest, entre le cercle de Reggane et Bordj Badji Mokhtar — une région que le général juge d'autant plus adaptée à l'installation d'un champ de tir qu'il y relève, selon ses propres termes, l'absence totale de toute vie animale ou végétale. Le choix du site de Reggane est validé en 1957, les travaux commencent en 1958, et de Gaulle fixe lui-même, par décision du 22 juillet 1958, la date du premier essai au cours du premier trimestre 1960. Or, à quelques kilomètres de la zone que l'armée présente comme vide, deux régions voisines et habitées — celle de Reggane elle-même et la vallée du Touat — comptent alors respectivement environ 140 000 et 40 000 habitants, selon les chiffres transmis en 1959 au délégué français auprès des Nations unies Jules Moch, appelé à répondre des préoccupations exprimées par l'ONU sur ce dossier.

Une ville sous le sable et le mythe de la « bombe propre »
Autour de la zone de tir se déploie une véritable infrastructure. La base-vie de Hamoudia, doublée d'un centre scientifique en léger retrait, emploie environ 2 500 travailleurs européens et algériens, dotés d'un aérodrome militaire pour le transport du personnel et du matériel. Selon la presse française de l'époque, qui décrit complaisamment une zone auparavant vide devenue grouillante d'activité, les militaires y aménagent même une véritable « ville souterraine » interdite aux civils, équipée de cafés, de terrains de sport, d'une salle de cinéma et de postes de gendarmerie — présentée comme la preuve d'une mise en valeur du territoire plutôt que comme l'aveu du degré de militarisation et de secret imposé à la région.
La presse coloniale française — l'Écho d'Alger, la Dépêche quotidienne d'Algérie, le Journal d'Alger — couvre l'événement avec un enthousiasme non dissimulé, célébrant à l'avance un exploit appelé à hisser la France au rang de puissance nucléaire, tout en minimisant systématiquement les risques : aucun de ces titres ne relaie de mise en garde sanitaire, et l'un d'eux va jusqu'à décrire la réaction des habitants de la région face à la bombe comme celle d'une population qui la considérerait déjà comme une chose familière. Aucun observateur international indépendant n'est autorisé sur place le jour du tir — seuls des représentants de plusieurs pays africains alliés (Mali, Côte d'Ivoire, Dahomey, Niger, Congo, Tchad) y sont conviés, dans ce qui s'apparente à une opération d'image destinée à faire accepter, y compris par les voisins africains de l'Algérie, l'idée d'un Sahara relevant du seul ressort français.
À la veille du tir, le général de Gaulle adresse un télégramme de félicitations à Pierre Guillaumat, alors ministre délégué présent sur place ; le ministre de la Défense Pierre Messmer affirme publiquement, à quelques jours de l'explosion, qu'il n'existe aucun danger radioactif ni pour les populations sahariennes ni pour les pays voisins — une garantie que dément, des décennies plus tard, l'ampleur de la contamination documentée sur zone. Cette confiance affichée nourrit ce que les chercheurs algériens désignent comme le mythe de la « bombe propre », qui convainc jusqu'aux experts, techniciens et militaires français eux-mêmes affectés sur les sites d'essais.
L'onde de choc politique dépasse largement les frontières algériennes. Le royaume du Maroc annule dès le lendemain ses accords bilatéraux avec Paris et rappelle son ambassadeur ; des manifestations éclatent à Casablanca, Rabat, Marrakech, Oujda et Tanger. Le Ghana du président Nkrumah gèle les avoirs des ressortissants et sociétés français présents sur son sol dans l'attente des résultats d'une enquête sur les conséquences de l'essai. Le Japon adresse une protestation officielle par la voix de son ambassadeur à Paris. À Moscou, Nikita Khrouchtchev, alors en visite à New Delhi, se dit publiquement contrarié que l'explosion atomique française ait eu lieu. Depuis Tunis, le porte-parole du gouvernement provisoire de la République algérienne, Mohammed Yazid, qualifie l'essai de crime nouveau s'ajoutant à l'histoire de la France contre l'humanité. L'Égypte condamne également l'opération par la voix de son ministre de la Culture. Ces réactions n'empêchent cependant pas la France de poursuivre son programme sans interruption notable.
Plusieurs manifestations éclatèrent en Afrique en soutien au peuple algérien ©Getty images
Des cobayes humains autour du point zéro
Au-delà des animaux — chameaux, chiens, reptiles — placés dans le périmètre de Gerboise bleue pour mesurer les effets biologiques de l'explosion, des travaux de chercheurs algériens avancent que l'armée française y a également exposé des sujets humains. Environ 150 personnes originaires de la région de Bousaâda, dont des personnes âgées, des femmes et des femmes enceintes, auraient ainsi été positionnées à proximité du point zéro aux côtés des animaux d'expérimentation.
Par ailleurs, environ 200 détenus algériens du camp pénitentiaire de Bousset auraient été volontairement exposés aux radiations à des fins d'étude, un épisode documenté par le réalisateur Ezzedine Meddour dans le film " Combien je vous aime " datant de 1985 retraçant le sort de prisonniers enchaînés soumis aux effets de la bombe. Ces allégations, documentées dans la recherche universitaire algérienne mais jamais reconnues par la France, n'ont fait l'objet d'aucune enquête officielle indépendante à ce jour.
Le 13 février 1960 à 7h04, la première bombe atomique française explose au sommet d'une tour métallique à Hamoudia, près de Reggane. Son nom de code, Gerboise bleue, associe un petit rongeur du désert à la couleur du drapeau français. Trois autres tirs atmosphériques suivent au même endroit : Gerboise blanche le 1er avril 1960 — délibérément programmée pendant la visite officielle de Nikita Khrouchtchev en France —, Gerboise rouge le 27 décembre 1960, puis Gerboise verte le 25 avril 1961, précipitée dans l'urgence pour soustraire l'arme aux généraux factieux du putsch d'Alger.
Les essais sont pensés comme des expérimentations à ciel ouvert, où l'on cherche autant à mesurer les effets de la bombe sur les hommes que sur le matériel militaire. Pour Gerboise bleue, les trois armées disposent sur la zone de tir des mannequins, des chars et des véhicules blindés, des canons, des avions prêts au décollage ou parqués derrière des monticules de sable, ainsi que des superstructures de navires de guerre avec leurs tourelles, l'ensemble destiné à observer le comportement de ces équipements soumis au souffle et à la chaleur de l'explosion. Une grande partie de ce matériel reste aujourd'hui encore sur place, en partie recouvert par les militaires français avant leur départ, selon l'étude conjointe menée par l'ICAN France et l'Observatoire des armements. Des techniciens en combinaison antiradiations disposent d'à peine quinze à vingt minutes pour récupérer les instruments de mesure enfouis dans le sable avant l'arrivée des retombées.

Le nuage issu de l'essai Gerboise bleue du 13 février 1960 ne s'est pas limité au Sahara. Une carte déclassifiée de l'armée française montre la dispersion des retombées radioactives jusqu'en Afrique du Nord, en Afrique subsaharienne, sur les côtes espagnoles et en Sicile. Par ailleurs, le physicien suédois Gunnar Lindblom a étudié dès 1960 le transport de poussières radioactives issues de cet essai jusqu'en Suède. Lindblom, G. (1960). Advection over Sweden of radioactive dust from the first French nuclear test explosion. Tellus, 13(1), 106–112.

Les essais suivants intègrent d'autres types d'expérimentation. Lors de Gerboise rouge, le 27 décembre 1960, un millier de rats et de souris ainsi que plusieurs chèvres vivantes sont placés autour du point zéro pour évaluer leur résistance à l'explosion. Le quatrième tir, Gerboise verte, le 25 avril 1961, va plus loin encore : juste après la détonation, des manœuvres militaires en chars et à pied sont organisées à proximité immédiate du point d'impact, dans le cadre d'une simulation de guerre nucléaire destinée à tester le matériel de protection mais surtout à observer les réactions de soldats évoluant en ambiance fortement radioactive — des appelés du contingent exposés sciemment, sans que leur consentement éclairé n'ait jamais fait débat à l'époque.

L'accident Béryl et les essais souterrains d'In Ekker (1961-1966)
Face à la pression internationale contre les essais atmosphériques — un traité d'interdiction est en négociation depuis 1958 — la France bascule vers des tirs souterrains. À partir de novembre 1961, elle installe le Centre d'expérimentations militaires des oasis (CEMO) à In Ekker, dans le massif granitique du Hoggar, à 150 kilomètres au nord de Tamanrasset, et mène treize essais dans des galeries creusées horizontalement sous la montagne du Taourirt Tan Afella, chacun désigné par un nom de pierre précieuse : Agathe (7 novembre 1961), Béryl (1er mai 1962), Émeraude (18 mars 1963), Améthyste (30 mars 1963), Rubis (20 octobre 1963), Opale (14 février 1964), Topaze (15 juin 1964), Turquoise (28 novembre 1964), Saphir (27 février 1965), Jade (30 mai 1965), Corindon (1er octobre 1965), Tourmaline (1er décembre 1965) et Grenat (16 février 1966), pour des puissances allant de moins de 5 à environ 150 kilotonnes.
Chaque galerie se termine en colimaçon, de manière que l'onde de choc referme elle-même le tunnel sur la roche fondue et confine la radioactivité — un principe qui échouera à quatre reprises sur treize tirs : Béryl, Améthyste, Rubis et Jade.
Des ouvriers qui travaillent sur les sites Reggane et In Ekker 1959-1960 ©Getty images
Le deuxième de ces essais souterrains, Béryl, tourne à la catastrophe le 1er mai 1962 — six semaines à peine après la signature des accords d'Évian. L'obturation de la galerie, déjà fragilisée par le tir précédent, intervient trop tardivement : entre 5 et 10 % de la radioactivité totale s'échappe sous forme de lave et de scories projetées, ainsi que d'un nuage d'aérosols et de gaz qui culmine à environ 2 600 mètres d'altitude, détectable jusqu'à plusieurs centaines de kilomètres. Sur les quelque 2 000 personnes présentes pour l'essai, une quinzaine reçoivent un équivalent de dose de plusieurs centaines de millisieverts en dépit du port du masque, parmi lesquelles les ministres Pierre Messmer et Gaston Palewski, venus assister au tir depuis le poste de commandement directement traversé par le nuage. Neuf militaires isolés dans un poste avancé, ayant temporairement ôté leur masque, reçoivent une dose engagée évaluée à environ 600 millisieverts ; ils sont rapatriés à l'hôpital militaire Percy, à Clamart, pour surveillance. Les populations nomades les plus exposées, environ 240 personnes du groupe Kel Torha vivant en bordure de la zone de retombée, auraient reçu jusqu'à 2,5 millisieverts — l'équivalent d'une année de radioactivité naturelle. Sur l'ensemble de la campagne saharienne, environ 24 000 personnels ont été suivis par dosimétrie : près de 18 000 ont reçu une dose nulle, mais 581 d'entre eux (2,5 %) ont dépassé 5 millisieverts cumulés, la quasi-totalité de ces dépassements étant imputable à Béryl. D'autres incidents suivent, de moindre ampleur. Lors d'Améthyste, le 30 mars 1963, une fuite plus limitée touche notamment treize personnes intervenues sur le chantier, ainsi que les 280 habitants de l'oasis d'Ideles, à 100 kilomètres du polygone d'essai. Rubis, le 20 octobre 1963, provoque l'évacuation de 500 personnes après que le panache radioactif, d'abord parti vers le nord, a rebroussé chemin vers le sud sous l'effet de pluies importantes ; une contamination est détectée jusqu'à Tamanrasset, à 150 kilomètres. Jade, le 30 mai 1965, laisse échapper des gaz rares et de l'iode radioactif par la galerie. Un accident distinct, sans lien avec les essais nucléaires proprement dits, survient par ailleurs le 19 avril 1962 au centre de Reggane : une détonation prématurée lors d'une expérience sur une pastille de plutonium blesse dix militaires, dont un grièvement.
Certains chercheurs algériens évoquent en outre l'existence d'un essai souterrain supplémentaire, resté non officiellement confirmé par la France, qui aurait eu lieu en février 1965 sous le nom de code Monique et provoqué un effondrement de terrain détectable à 50 kilomètres à la ronde, avec des fissures du sous-sol jusqu'à 20 kilomètres de profondeur et la mort d'une quarantaine de personnes par irradiation directe — un bilan qu'aucune source française officielle ne recense à ce jour parmi les treize tirs reconnus, mais qui illustre l'ampleur de l'écart entre les archives françaises disponibles et la mémoire locale de la contamination.
Les bombes testées à In Ekker sont dix à vingt fois plus puissantes que celles larguées sur Hiroshima et Nagasaki, et les déchets hautement radioactifs qu'elles génèrent ont une durée de vie estimée à 24 000 ans, rappelle Patrice Bouveret.
Lorsqu'il se rend lui-même sur le site de Béryl en 2007, il y trouve encore, à l'air libre, la masse de lave radioactive projetée hors de la montagne lors de l'accident — un bloc que n'importe quel visiteur peut aujourd'hui approcher, alors que les scientifiques qui accompagnaient l'expert lui déconseillaient de rester plus de vingt minutes sur place, sous peine de recevoir la dose maximale admissible pour un travailleur du nucléaire sur une année entière.
Des mesures indépendantes réalisées en 2009 par la Commission de recherche et d'information indépendantes sur la radioactivité (CRIIRAD), à l'occasion du tournage du documentaire du journaliste Larbi Benchiha, " Vent de sable, le Sahara des essais nucléaires " confirment la persistance de cette contamination. Sur le site même de la coulée de Béryl, un échantillon de lave affiche un débit de rayonnement gamma plus de 150 fois supérieur au bruit de fond naturel et une activité en césium 137 de 760 000 becquerels par kilogramme, avec des traces d'américium 241 et des indices de présence de plutonium 239. Des cendres issues d'une zone où les militaires brûlaient autrefois du matériel récupérable affichent 25 500 becquerels par kilogramme de césium 137. Plus préoccupant encore : à un kilomètre de là, hors de l'enceinte clôturée du site — une clôture que les inspecteurs de la CRIIRAD décrivent comme en très mauvais état — du sable et des crottes de chameau prélevés dans un oued asséché présentent encore une contamination détectable, preuve que les particules radioactives continuent, plus de quarante ans après l'arrêt des essais, à migrer hors de la zone officiellement interdite sous l'effet du vent et de l'érosion. La CRIIRAD recommande alors le renforcement des clôtures, une information systématique des populations locales, ainsi que des contrôles réguliers de la chaîne alimentaire dans la région.
Des essais poursuivis après l'indépendance
L'indépendance algérienne, proclamée le 5 juillet 1962, n'interrompt pas le programme. Des clauses restées secrètes dans les accords d'Évian autorisent l'armée française à conserver l'usage des sites sahariens plusieurs années encore. La France continue ainsi les essais souterrains à In Ekker jusqu'en février 1966, sur un territoire devenu officiellement étranger — une continuité que seule la dépendance politique et militaire née de la période coloniale rend possible.
Tir de Béryl : Photo 1, radiation lave / Photo 2, cendres radioactives © CRIIRAD
Quand les troupes françaises quittent définitivement les sites, aucun protocole de suivi environnemental ou sanitaire n'est négocié avec les nouvelles autorités algériennes. Du matériel contaminé et des déchets radioactifs sont enfouis à la hâte dans le sable, sans cartographie transmise. Un rapport officiel remis au Parlement français affirme pourtant que les installations du CSEM et du CEMO ont été rendues aux autorités algériennes courant 1967 après démontage des équipements techniques, nettoyage et obturation des galeries — une version qui contraste nettement avec l'état des lieux constaté sur place des décennies plus tard, qu'il s'agisse des matériels militaires encore visibles à Reggane ou du bloc de lave radioactif toujours à l'air libre à In Ekker. Reggane et In Ekker sont, dans les faits, rendus à l'Algérie sans qu'aucun contrôle indépendant de la radioactivité résiduelle n'ait jamais été mis en place ni partagé avec les autorités algériennes.
Le prix humain d'une expérimentation coloniale
Les populations les plus exposées aux retombées ne sont ni consultées ni protégées : populations touarègues et sahariennes vivant à proximité des sites, appelés du contingent affectés aux campagnes de tir, travailleurs algériens employés sur les bases. Le rapport de l'Agence internationale de l'énergie atomique publié en 2005 constate que les sites des essais Gerboise, Béryl et Améthyste demeurent dangereux pour toute forme de vie et exclut toute occupation autre que temporaire de ces zones, où une forte prévalence de cancers et d'autres pathologies reste associée aux explosions.
Le nombre de personnes potentiellement exposées aux retombées radioactives, entre le Sahara et la Polynésie, est estimé à 400 000 : 150 000 personnels civils et militaires ayant participé aux campagnes d'essais entre 1960 et 1998, 210 000 Polynésiens et 40 000 Algériens. Selon Valérie Gas : " On estime
qu'entre 1960 et 1996, date à laquelle la France a arrêté son programme après avoir procédé à 245 tirs dont 45 aériens, au moins 100 000 personnes auraient été exposées dans le Sahara ou dans le Pacifique."
Le silence d'État
La reconnaissance des victimes met des décennies à s'esquisser, et reste aujourd'hui largement théorique pour les victimes algériennes. En 2008, une loi française sur le secret de la défense nationale place les archives relatives aux armes nucléaires, biologiques et chimiques hors du régime commun de déclassification. En 2013, cinq ans plus tard, seuls 5 % des documents relatifs aux essais sahariens ont été rendus publics.

C'est en janvier 2010 qu'une première avancée législative voit le jour, la « loi Morin », qui ouvre un droit à indemnisation pour toute personne ayant séjourné dans les zones exposées durant les périodes de contamination avérée et souffrant de l'une des pathologies inscrites sur une liste fixée par décret.
Lucien Parfait (ancien militaire français) victime des essais nucléaires 1960-62 ©Getty images
« Dans l’oasis de Reggane, à cinq cents mètres du camp, il y avait des civils. Personne ne leur a rien dit sur les essais, certains travaillaient chez nous : ils faisaient le ménage. Ils ont demandé des dosimètres car ils pensaient que ça pouvait les protéger comme un gri-gri, mais je ne sais pas s’ils en ont eu... Nous, on savait qu’une bombe atomique pouvait être dangereuse, Hiroshima, Nagasaki... Mais on se disait que l’armée avait pris toutes les précautions et que si elle nous laissait assister à l’explosion c’est que ce n’était pas dangereux... » Alphone Meyer, vétéran du 11° régiment du génie saharien, caporal-chef, présent sur la base atomique d’avril 1959 à juin 1960. Desbordes, J.-P. (2011)
Le bilan, quinze ans plus tard, illustre l'ampleur de l'écart entre le texte et son application : sur l'ensemble des dossiers déposés depuis 2010, 607 métropolitains et 417 Polynésiens ont obtenu une reconnaissance, contre seulement deux Algériens. La juriste algérienne Me Fatima Benbraham, recense pour sa part 32 dossiers d'indemnisation refusés par le comité chargé d'instruire les demandes, la loi exigeant notamment d'avoir résidé dans l'espace contaminé au moment précis des essais — une condition quasiment impossible à documenter pour des populations nomades ou déplacées, dans un pays où les archives sanitaires de l'époque coloniale sont elles-mêmes lacunaires.
André Lacroix ( service de cuisine) à Reggane entre le 7 février 1960 et le 8 mars 196l : "Nous étions en treillis, sans protection spécifique (masque, combinaison et bottes). Les recommandations qui nous avaient été inculquées, pendant les classes, suggéraient : de se protéger, au minimum derrière un talus, un mur ou dans un fossé, en cave ou sous-sol, selon le lieu. Pour les plus nantis, dans un abri anti-atomique. Les ordres étaient de nous asseoir tournant le dos à la direction d'où devait venir l'éclair provoqué par l'explosion.) Les autorités militaires n'ont pas appliqué les modalités minimums de protection des individus (ce qu'on appelle aujourd'hui le Principe de Précaution) bien au contraire, ils nous ont utilisés à fin d'EXPÉRIMENTATIONS, c'est d'ailleurs comme cela que s'appelait le Centre d'Essais de Reggan." Henni, S. (2026). Toxicité coloniale : Documenter le paysage radioactif dans le Sahara. Éditions B42. P.101
L'écart entre les deux anciens territoires d'essai, Sahara algérien et Polynésie française, est éclairant. La loi Morin est traduite en tahitien pour les habitants des archipels polynésiens, où la France a mené 193 essais nucléaires supplémentaires entre 1966 et 1996 ; aucune traduction en arabe n'a en revanche jamais été produite à destination des populations sahariennes arabophones ou touarègues. En dix ans d'application, seules cinquante personnes de nationalité algérienne parviennent à constituer un dossier de demande — un exercice qui suppose de maîtriser le français administratif et de disposer d'un accès à Internet, deux conditions loin d'être acquises dans les régions concernées.
Une seule de ces cinquante demandes aboutit : celle d'un militaire d'Alger ayant travaillé sur les sites au moment de leur fermeture. Aucun civil résidant dans la région n'obtient de réparation. Début 2021, un seul dossier algérien a été indemnisé sur 1 739 déposés au total, tous pays confondus.
Pour la Polynésie, la France a au contraire dépêché des missions scientifiques associant médecins et travailleurs sociaux afin d'aider les habitants à monter leurs dossiers et à faire reconnaître leurs pathologies — un accompagnement jamais organisé pour les populations sahariennes. En juillet 2021, Emmanuel Macron se rend en personne en Polynésie française pour évoquer les conséquences sanitaires des essais sur l'archipel ; aucun déplacement comparable n'a jamais eu lieu dans le Sahara algérien. Le dossier mémoriel reste aujourd'hui suspendu à la question des archives. Les autorités algériennes réclament depuis l'indépendance la déclassification des protocoles d'essais, la cartographie des sites d'enfouissement de déchets radioactifs et les données de dosimétrie recueillies à l'époque ; la France invoque systématiquement le secret-défense pour refuser leur transmission. Une commission mixte d'historiens, mise en place à l'initiative d'Emmanuel Macron et d'Abdelmadjid Tebboune, avance sur ce dossier à un rythme jugé très lent par les associations de victimes des deux pays.
Un traité que la France refuse de signer
Le 22 janvier 2021 entre en vigueur le Traité sur l'interdiction des armes nucléaires (TIAN), porté par l'ONU et la société civile en complément du Traité de non-prolifération. Au-delà d'interdire l'usage, le financement et jusqu'à la menace d'utilisation de l'arme atomique, ce texte engage les États signataires ayant procédé à des essais ou en ayant subi les conséquences à prendre en charge les victimes civiles et à réhabiliter, dans la mesure du possible, les zones contaminées. L'Algérie participe aux négociations et s'engage dans un processus de ratification. La France, à l'instar des autres puissances nucléaires, refuse catégoriquement d'y apposer sa signature. Ce refus contraste avec la création, en juin 2021, d'une agence nationale algérienne chargée de la réhabilitation des anciens sites d'essais et d'explosions nucléaires françaises — une initiative unilatérale qui illustre l'asymétrie persistante entre les deux pays sur ce dossier, plus de soixante ans après le premier tir.
Sahara, Polynésie : une même logique de l'éloignement
Quatre ans avant l'arrêt des essais sahariens, la France avait déjà choisi son site de repli : les atolls de Mururoa et Fangataufa, en Polynésie française. Le rapport officiel remis au Parlement justifie ce choix par des critères d'isolement bien plus stricts qu'au Sahara : moins de 2 300 habitants dans un rayon de 500 kilomètres autour de Mururoa, contre 1,2 million de personnes vivant dans le même rayon autour de Semipalatinsk, le site soviétique, ou encore 15 millions autour du site américain du Nevada. Le même rapport reconnaît, implicitement, la spécificité du cas saharien : c'est le seul des grands sites d'essais mondiaux dont le choix ne repose pas d'abord sur l'absence de population, mais sur le statut colonial du territoire, qui permettait de rendre cette population politiquement invisible sans que sa présence physique ait jamais réellement disparu.
L'écart de traitement se prolonge dans le suivi sanitaire. En Polynésie, deux services mixtes associant armées et CEA sont institués dès le début des essais pour surveiller la radioprotection du personnel et l'environnement, complétés par un laboratoire civil qui deviendra, en 1979, l'antenne polynésienne de l'Institut de protection et de sûreté nucléaire, toujours en activité aujourd'hui.
Une enquête sanitaire y est également menée sur près de 6 700 travailleurs, soit 3 % de la population polynésienne de l'époque. Rien de comparable n'existe pour les populations sahariennes ni pour les dizaines de milliers de personnels ayant transité par Reggane et In Ekker : aucun laboratoire pérenne, aucune enquête de cohorte, aucune structure de suivi n'a jamais été installée sur place ni transmise aux autorités algériennes après l'indépendance.
2022 : ce que révèle la poussière du Sahara
En mars 2022, un épisode exceptionnel de poussières sahariennes a atteint l'Europe occidentale. Les observations satellitaires et les trajectoires atmosphériques ont identifié le sud de l'Algérie, notamment la région de Reggane, parmi les principales zones sources de cet épisode. Des analyses ultérieures ont détecté des radionucléides artificiels dans les poussières, mais leur signature isotopique ne permet pas de les attribuer aux essais nucléaires français réalisés dans le Sahara.
Union européenne / Copernicus Sentinel-3, 15 mars 2022 ©Nasa
Une équipe de recherche associant plusieurs laboratoires français lance dans la foulée une campagne de science participative : 110 échantillons de dépôts sont collectés par des citoyens dans six pays d'Europe de l'Ouest, puis analysés en laboratoire. Les résultats, publiés dans la revue Science Advances, confirment bien l'origine saharienne, et notamment la région Libye-Algérie-Mali englobant Reggane, de la poussière recueillie. En revanche, la signature isotopique du plutonium mesurée dans les échantillons ne correspond pas à celle des essais français, mais à celle des retombées globales dominées par les essais américains et soviétiques, bien plus nombreux et puissants, qui ont diffusé une contamination de fond à l'échelle de la planète entière. Les niveaux de radioactivité artificielle mesurés restent par ailleurs très en deçà des seuils sanitaires européens, et l'étude conclut à un effet négligeable sur la santé publique en Europe.
Ce résultat scientifique n'exonère en rien la France de sa responsabilité sur les sols sahariens eux-mêmes — les mesures de terrain de la CRIIRAD à In Ekker, elles, portent sur la contamination directe du site, non sur des retombées diluées à l'échelle continentale. Mais il illustre la difficulté à établir, dans le débat public, une frontière claire entre la contamination réelle et documentée des sites d'essais et une contamination globale dont l'origine, une fois diluée dans l'atmosphère mondiale, devient scientifiquement plus difficile à attribuer à un acteur précis — une complexité que le maintien du secret sur les archives françaises ne fait que renforcer.
Charles de Gaulle remet la croix de la Légion d'Honneur des Invalides à Paris le 10 mars 1960 aux scientifiques de la promotion atomique pendant que l'Algérie brûle ©AFP/Getty images
Une même chaîne de responsabilités
Comme aux Antilles avec le chlordécone, ce sont souvent les mêmes cercles qui décident, exécutent et, plus tard, gèrent le contentieux. Pierre Guillaumat, artisan du programme militaire au CEA dans les années 1950, devient en 1958 ministre chargé du Sahara puis, en 1958-1960, ministre des Armées au moment même où se prépare le premier tir ; il présidera ensuite le groupe pétrolier Elf-Erap, autre pilier de la présence économique française en terres anciennement colonisées. Pierre Messmer, ministre des Armées irradié à Béryl en 1962, devient Premier ministre de Georges Pompidou dix ans plus tard — l'accident n'aura donc pesé ni sur sa carrière ni, plus largement, sur la doctrine de dissuasion qu'il continuera de défendre. Cette continuité entre décideurs politiques, hiérarchie militaire et gestion ultérieure du dossier mémoriel n'a pas d'équivalent du côté des populations sahariennes, dont les demandes de réparation restent, six décennies plus tard, sans réponse judiciaire ou financière à la mesure du préjudice.
Chronologie des essais nucléaires français en Algérie
1945 : création du Commissariat à l'énergie atomique (CEA)
1954-1957 : décision politique de développer une arme nucléaire française ; choix du site saharien
13 février 1960 : premier essai atmosphérique, Gerboise bleue, à Reggane
1er avril 1960 : Gerboise blanche
27 décembre 1960 : Gerboise rouge
25 avril 1961 : Gerboise verte, dernier essai atmosphérique, précipité pendant le putsch d'Alger
Novembre 1961 : premier essai souterrain à In Ekker
18 mars 1962 : signature des accords d'Évian, avec clauses secrètes autorisant la poursuite des essais
1er mai 1962 : accident de l'essai souterrain Béryl à In Ekker
5 juillet 1962 : indépendance de l'Algérie
1961-Février 1966 : poursuite des treize essais souterrains à In Ekker, sur territoire devenu indépendant (11 des 17 essais ont lieu après l'indépendance)
2 juillet 1966 : premier essai nucléaire français en Polynésie, après le départ du Sahara algérien
2005 : rapport de l'AIEA concluant à la dangerosité persistante des sites d'essais
2007 : visite de Patrice Bouveret (Observatoire des armements) sur le site de Béryl, encore radioactif
2008 : loi française plaçant les archives nucléaires hors du régime commun de déclassification
5 janvier 2010 : promulgation de la loi Morin sur l'indemnisation des victimes des essais nucléaires
27 janvier 1996 : dernier essai nucléaire français en Polynésie française
29-30 octobre 2009 : mission indépendante de la CRIIRAD sur le site de Béryl, confirmant une contamination très élevée en césium 137 et américium 241
2013 : déclassification partielle (5 %) des archives des essais sahariens
2019 : extension de la liste des pathologies reconnues comme radio-induites
22 janvier 2021 : entrée en vigueur du Traité sur l'interdiction des armes nucléaires (TIAN), non signé par la France
Janvier 2021 : un seul dossier algérien indemnisé sur 1 739 déposés depuis 2010
Juin 2021 : création par l'Algérie d'une agence nationale de réhabilitation des anciens sites d'essais nucléaires français
Juillet 2021 : visite d'Emmanuel Macron en Polynésie française sur la question des essais nucléaires
Mars 2022 : tempête de poussière saharienne majeure sur l'Europe de l'Ouest, partiellement originaire de la région de Reggane ; étude scientifique concluant à une contamination dominée par les retombées globales plutôt que par les essais français
• 2020-2026 : mise en place d'une commission mixte d'historiens franco-algérienne ; demandes répétées de l'Algérie pour la décontamination des sites et la transmission des cartes d'enfouissement des déchets
Conclusion
Du champ de tir de Reggane aux galeries souterraines d'In Ekker, l'histoire nucléaire franco-algérienne raconte une même logique : celle d'un territoire colonisé choisi pour son éloignement politique plutôt que pour son vide réel, d'une expérimentation menée sans le consentement informé des populations concernées, et d'un legs matériel — déchets radioactifs enfouis, sols contaminés, maladies non reconnues — que les décennies suivantes ont surtout cherché à maintenir hors du débat public plutôt qu'à réparer. Entre la reconnaissance très partielle de la loi Morin et le maintien, année après année, du secret sur les archives, le dossier des essais nucléaires français en Algérie reste, comme celui du chlordécone aux Antilles, une affaire non soldée — pendant que les sols du Sahara, eux, resteront radioactifs pour des siècles encore.
Bibliographie
Livres
Barillot, B. (2003). Les irradiés de la République : Les victimes des essais nucléaires français prennent la parole. Éditions Complexe.
Desbordes, J.-P. (2011). Les cobayes de l’Apocalypse nucléaire : Contre-enquête inédite sur les victimes des essais français. L’Express éditions.
Henni, S. (2026). Toxicité coloniale : Documenter le paysage radioactif dans le Sahara. Éditions B42.
Rapports et études
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Assemblée nationale. (2025). Note sur la politique française d’expérimentation nucléaire. Assemblée nationale. https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/opendata/PNREANR5L17B2004.html
Assemblée nationale. (2025). Rapport fait au nom de la commission d’enquête relative à la politique française d’expérimentation nucléaire, à l’ensemble des conséquences de l’installation et des opérations du Centre d’expérimentation du Pacifique en Polynésie française, à la reconnaissance, à la prise en charge et à l’indemnisation des victimes des essais nucléaires français, ainsi qu’à la reconnaissance des dommages environnementaux et à leur réparation (Rapport n° 1558, Tome I). https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/opendata/RAPPANR5L17B1558-tI.html
Assemblée nationale. (2025). Rapport fait au nom de la commission d’enquête relative à la politique française d’expérimentation nucléaire... (Rapport n° 1558, Tome II : Comptes rendus des auditions). https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/opendata/RAPPANR5L17B1558-tII.html
Collin, J.-M., & Bouveret, P. (2020). Sous le sable, la radioactivité ! : Les déchets des essais nucléaires français en Algérie. Heinrich-Böll-Stiftung. https://www.boell.de/sites/default/files/2020-07/Collin-Bouveret-2020-Sous-le-sable-la-radioactivite.pdf
Commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité. (2009). Note relative aux prélèvements et analyses réalisés sur le site du tir Béryl à In Ekker (Algérie) (B. Chareyron, réd.). CRIIRAD. https://www.criirad.org/wp-content/uploads/2017/08/notecriirad-in-ekker.pdf
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Sénat. (1998). L’évaluation de la recherche sur la gestion des déchets nucléaires à haute activité : Tome II – Les déchets militaires (Rapport n° 179). Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques. https://www.senat.fr/rap/o97-179/o97-1799.html
Articles scientifiques et universitaires
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Bouveret, P. (2021). Sous le sable, la radioactivité ! Contentieux nucléaire entre l’Algérie et la France.
Recherches internationales, 119, 41–56. https://doi.org/10.3406/rint.2021.1775
Danesi, P. R., Moreno, J., Makarewicz, M., & Louvat, D. (2008). Residual radionuclide concentrations and estimated radiation doses at the former French nuclear weapons test sites in Algeria. Applied Radiation and Isotopes, 66(11), 1672–1683.
Louafi, S. (2021). Les essais nucléaires français dans le désert algérien 1960–1966 : Les explosions de Reggane comme modèle. Maghreb Journal of Historical and Social Studies, 13(1).
Xu-Yang, Y., Skonieczny, C., Ayrault, S., Barbier, J.-S., Bizeul, R., Bryskere, O., Chaboche, P.-A., Chalaux-Clergue, T., Corcho-Alvarado, J. A., Foucher, A., Karsenti, A., Leblanc, M., et al. (2025).
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Articles de presse et articles en ligne
4ACG. (s. d.). Essais nucléaires en Algérie : La France ne veut rien savoir des conséquences. https://www.4acg.org/Essais-nucleaires-en-Algerie-la-France-ne-veut-rien-savoir-des-consequences
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Horizons. (2025, février). Loi Morin, un texte en trompe-l’œil. https://www.horizons.dz/2025/02/horizons-dz-dossiers-loi-morin-un-texte-en-trompe-loeil/
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Soyez, N. (2021, 18 juillet; mise à jour le 24 décembre). Algérie : Sous le sable du Sahara, le lourd passé nucléaire français. TF1 Info / LCI.
The Conversation. (s. d.). De l’Algérie à l’Europe : Ce que l’héritage nucléaire français révèle sur la « dissuasion avancée ». https://theconversation.com/de-lalgerie-a-leurope-ce-que-lheritage-nucleaire-francais-revele-sur-la-dissuasion-avancee-278210
Textes juridiques
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Sources encyclopédiques
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Vidéos et archives audiovisuelles
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Établissement de communication et de production audiovisuelle de la Défense. (s. d.). Explosion nucléaire en Algérie / Reggane [Archives audiovisuelles]. ECPAD. https://archives.ecpad.fr/archives/consulter-les-archives-en-ligne?detail=44997
Établissement de communication et de production audiovisuelle de la Défense. (s. d.). Essais nucléaires français en Algérie [Archives audiovisuelles]. ECPAD. https://archives.ecpad.fr/archives/consulter-les-archives-en-ligne?detail=45002
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Institut national de l’audiovisuel. (1960, 17 février). La bombe française : Le jour J à Reggane [Vidéo]. INA. https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/video/afe85008600/la-bombe-francaise-le-jour-j-a-reggane
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Institut national de l’audiovisuel. (s. d.). L’expérience nucléaire souterraine de Reggane [Vidéo].
INA. https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/video/afe85009517/l-experience-nucleaire-souterraine-de-reggane
Desbordes, J.-P., & Bonnet, C. (2012). Bombe atomique française : 35 ans d’essais secrets en Algérie [Documentaire].
Benchiha, L. (2008). Vent de sable, le Sahara des essais nucléaires [Documentaire].
Le secret des irradiés [Documentaire]. (s. d.). Alexander Street. https://video.alexanderstreet.com/watch/le-secret-des-irradies-2
Autres sources en ligne
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Observalgerie. (2026, 4 mars). Essais nucléaires français en Algérie : Le secret d’État bientôt levé sur les données classifiées ? https://observalgerie.com/2026/03/04/politique/essais-nucleaires-francais-en-algerie-le-secret-detat-bientot-leve-sur-les-donnees-classifiees/
Nouveau Obs. (2018, 20 mars). Reggane 1960 : Comment une photo ambiguë est devenue l’icône d’un crime de la France. L’Obs. https://www.nouvelobs.com/histoire/20180320.OBS3880/reggane-1960-comment-une-photo-ambigue-est-devenue-l-icone-d-un-crime-de-la-france.html
Nouveau Obs. (2010, 16 février). Nucléaire : La France et les cobayes du contingent. L’Obs. https://www.nouvelobs.com/societe/20100216.OBS7098/nucleaire-la-france-et-les-cobayes-du-contingent.html
Réseau “Sortir du nucléaire”. (2014). Essais nucléaires français : À quand une véritable transparence ?https://www.sortirdunucleaire.org/IMG/pdf/obsarm-barrillotb-2014-essais_nucleaires_francais-a_quand_une_veritable_transparence.pdf
Dissident Media. (s. d.). Les vétérans des essais nucléaires. https://www.dissident-media.org/infonucleaire/news_veterans.html
TV5MONDE. (s. d.). Rapport Stora : Entre la France et l’Algérie, ce partenariat n’est pas symétrique. https://information.tv5monde.com/afrique/rapport-stora-entre-la-france-et-lalgerie-ce-partenariat-nest-pas-symetrique-10844
TV5MONDE. (s. d.). Algérie : Sous le sable du Sahara, le lourd passé nucléaire français. https://information.tv5monde.com/international/algerie-sous-le-sable-du-sahara-le-lourd-passe-nucleaire-francais-35603





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